Après le bras de fer qui l'oppose en Cour Supérieure à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) quant à son approvisionnement en biogaz, Savoura vient d'entreprendre la contestation de l'évaluation foncière que fait Saint-Étienne-des-Grès de ses installations.
La municipalité évalue le tout à 7 millions$, Savoura veut ramener la somme à 1 million$. Ça signifierait un manque à gagner d'environ 60 000$ pour le petit village. «On fait juste ce qu'on a le droit de faire», a indiqué cette semaine la présidente de l'entreprise, Marie Gosselin.
Merci, mais ce n'était pas nécessaire de le spécifier. Les Mauriciens ont bien constaté depuis l'automne 2007, moment où l'entreprise a débuté sa production, que celle-ci utilisait tous les moyens à sa disposition pour faire valoir ses droits.
Rien d'illégal à ça mais il y a une intransigeance dans la façon de procéder de Savoura qui commence à déranger. Ça semble d'ailleurs faire partie de la culture de l'entreprise puisque qu'elle a contesté le compte de taxes de ses autres propriétés ailleurs au Québec. À son arrivée en poste à l'automne 2008, le président de la RGMRM, Pierre Bouchard, s'était donné comme mandat d'aller parler au producteur de tomates. Dans un lien d'affaires, tous les parties ont avantage à s'entendre au lieu de se parler par avocat interposé. La carotte avant le bâton.
Mais tout comme son précédesseur, le maire de Mont-Carmel a rapidement constaté que son interlocuteur s'en tenait aux lignes du contrat de 40 ans qui les liait. De toute évidence, Savoura n'est pas du genre à aller vous taper sur l'épaule si vous écrivez un zéro de trop sur un chèque émis à son intention.
Bien sûr que la Régie a commis plusieurs erreurs dans ce dossier qui lui a coûté 1,4 million$ jusqu'ici. Mais comme son partenaire se montre inflexible, elle n'a plus le choix que de recourir à la voie juridique pour arrêter la saignée.
C'est ce qui explique que le dossier est maintenant en Cour Supérieure et que la Régie a même dû obtenir par les voies légales le droit d'aller examiner les installations du producteur qui lui refusait les lieux jusqu'ici.
Lors de l'inauguration de ses installations en mai 2007, Savoura évoquait déjà la construction d'une seconde serre, un investissement de 15 millions$. On voit mal aujourd'hui comment ce projet pourrait se réaliser compte tenu de la position des deux camps.
Savoura est peut être à la fine pointe lorsqu'on parle de tomates bien fermes et juteuses mais comme citoyen corporatif, l'entreprise a encore bien des croûtes à manger…




