Cette fois, il s’agirait du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI). Jusqu’ici, le CCCI a été largement financé à l’aide de fonds gouvernementaux qui lui sont octroyés par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Or, l’entente de financement entre l’ACDI et le Conseil a pris fin le 31 mars 2010; à ce jour, elle n’a toujours pas été reconduite. Le CCIC a du envoyer un avis de licenciement à presque tous ses employés et a entrepris de liquider ses ressources.
Le CCCI milite depuis des décennies dans le domaine du développement; sa collaboration avec l’ACDI ne date pas d’hier. Fondé en 1968, le CCCI suit de près et analyse les politiques fédérales relatives aux affaires étrangères, à l’aide internationale, au commerce et à la consolidation de la paix. Le Conseil regroupe une centaine d’organisations canadiennes sans but lucratif œuvrant au Canada et à l’étranger : mouvements religieux et laïques voués au développement, associations professionnelles, coopératives, syndicats et divers groupes qui se consacrent à l’alphabétisation, à l’éducation et à la jeunesse.
Après quelques années de gouvernement Harper, il y a au moins un consensus qui émerge au Canada; le premier ministre aime tout contrôler! Toute la communauté journalistique vous dira que jamais de toute l’histoire du Canada, un premier ministre n’a contrôlé aussi étroitement l’information.
M. Harper n’apprécie guère être critiqué non plus. Quand on ne tolère pas la critique, le danger est grand pour qu’on soit tenté de la faire disparaître. C’est la voie que M. Harper avait de toute évidence choisie dans le cas d’Alternatives, une ONG de Montréal particulièrement critique de sa politique au Moyen Orient. Même scénario pour une autre organisation montréalaise : Droits et Démocratie. Puis ce fut le tour de Kairos, une organisation œcuménique militant pour la paix.
Aucune de ces organisations n’est née d’hier; elles ont depuis des décennies pu bénéficier des fonds gouvernementaux parce que leur travail répondait à des besoins.
Le milieu canadien de l’aide internationale risque de perdre un ardent défenseur des pauvres de la planète.
Le gouvernement Harper doit rétablir le financement du CCCI.
Steven Guilbeault
