Grâce à des contributions financières des CLD Mékinac et Des Chenaux, du MAPAQ et d'une dizaine de producteurs, des graines de panic érigé ont été semées au printemps 2008 sur environ 50 hectares de terre et il y en aura autant en 2009.
Dans les laboratoires du ministère fédéral de l'agriculture, on expérimente la culture de cette plante depuis une vingtaine d'années. Très populaire aux Etats-Unis, environ 800 000 hectares lui sont réservés dans les états du Texas et de l'Arkansas, le panic érigé suscite maintenant l'intérêt au Québec parce qu'il peut notamment servir de litière de paille dans les étables. «Sur une même superficie, il produit environ deux fois plus que l'orge et le blé et le prix de la ripe de bois est tellement élevé que les agriculteurs sont maintenant à la recherche de substitut», explique Stéphanie Veilleux, agronome au CLD Mékinac.
Autre intérêt, le panic érigé a la capacité de s'établir sur des terres pauvres. «Son implantation est lente mais c'est une plante qui devient intéressante pour valoriser les sols marginaux, les terres en friche ou les bandes riveraines», poursuit-elle. D'ailleurs, la longiligne graminée a été semée l'an dernier aux abords de la rivière des Envies à Saint-Tite et l'expérience sera de nouveau tentée cette année.
Vivace, le panic érigé atteint son plein potentiel à sa 3e année et il peut demeurer en place entre 10 et 15 ans. «Dépendemment de la température, on devrait pouvoir faire notre première récolte cette année.» À sa deuxième année en terre, la plante atteint environ 40% de sa maturité.
Si la production de paille est pour l'instant l'avenue privilégiée par les producteurs participants, elle pourrait rapidement être supplantée par la transformation du panic érigé en biocombustible. «Cette plante possède un très haut potentiel énergétique, affirme Stéphanie Veilleux. Sa valeur calorifique est comparable aux granules de bois qu'on retrouve sur le marché et dont le prix est de plus en plus élevé.»
Cela nécessiterait bien entendu de plus grandes superficies de culture afin d'approvisionner en matière première l'usine de transformation. En tout cas, le projet est suffisamment intéressant pour que les CLD Des Chenaux et Mékinac poussent plus loin leurs réflexions sur le sujet.
Étant donné que les gouvernements s'intéressent de plus en plus à la production de biomasse pour remplacer des énergies polluantes comme le mazout; et que la production d'éthanol à base de maïs n'est pas sans aspects négatifs; la culture à grande échelle du panic érigé devient intéressante économiquement et la Mauricie entend être de la course dans ce nouvel eldorado vert.
Le panic gagne la Mauricie
Son nom est aussi étrange que ses propriétés prometteuses. Comme quelques autres régions au Québec, la Mauricie expérimente la culture du panic érigé, une graminée dont les tiges peuvent atteindre deux mètres de hauteur.
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