Un autre soldat qui risque de tomber au combat

Benoit
Benoit Charette
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Avec l’abandon du rachat de Saab, plus tôt cette semaine, Koenigsegg a probablement écrit le dernier chapitre de ce petit constructeur Suédois qui vivait déjà depuis plusieurs années sur du temps emprunté. @ST :Reculons de quelques années @R2 :Lors du rachat de Saab par GM, ce dernier voulait faire du petit constructeur Suédois, un joueur plus important à l’image de ce qu’avait fait Ford avec Volvo. Mais, ce faisant, GM a éliminé une grande partie de ce qui était l’essence même de la compagnie, son originalité. Les pièces et idées GM ont remplacé la conception Saab, GM a même eu l’audace de prendre un TrailBlazer pour en faire un Saab et la clientèle, déjà peu nombreuse a fuit, tout simplement. Résultat, au cours des 10 dernières années, alors que GM détenait 100% des parts de Saab, la compagnie a perdu 6 milliards de dollars. Cela équivaut à un peu plus de 5 000$ de perte sèche par véhicule vendu. @R2 :Les déboires répétés ont finalement mené en juin dernier à la mise en vente de la division Saab. Le constructeur automobile suédois avait reçu l'aval d'un tribunal pour devenir une entité indépendante dans l'espoir d'échapper à la faillite après l'abandon de sa maison mère américaine General Motors. Après une remise sur pied, GM avait signé un accord préliminaire de vente de Saab Automobile au fabriquant suédois d'automobiles de luxe Koenigsegg. Cette petite compagnie Suédoise, fondé en 1994, produit des voitures de sport de luxe, une vingtaine en 2008, à plus d'un million d'euros chacune. Basé dans le sud de la Suède, ce constructeur confidentiel emploie seulement 45 personnes. Pour aider au rachat, Koenigsegg s’associe à BAIC, (Beijing Automotive) un constructeur Chinois. @R2 :Après quelques mois de négociation et de tergiversations, l’incertitude économique, la fragilité de Saab et les complications contractuelles ont finalement fait reculé Koenigsegg qui se dit maintenant incapable de faire face à la situation. L'annulation du rachat complique un peu la donne pour GM alors qu'il tente de réduire ses pertes, d'accélérer le remboursement de sa dette à l'État et de financer la restructuration d'Opel. @ST :Pas de surprise @R2 :Aux yeux de bien des spécialistes, ce n’est pas une surprise que la vente soit tombée à l'eau. L'acheteur était un constructeur de niche qui essayait de racheter un groupe beaucoup plus gros que lui. Il y avait aussi des doutes sur le financement de l'opération. La question est maintenant de savoir si le groupe de Detroit va garder Saab au sein d'Opel, s'il y a d'autres acheteurs, ou s'il va fermer Saab comme il l'a fait pour Saturn. Plusieurs économistes estiment que GM a «de bonnes chances de trouver un autre acheteur vu le nombre de sociétés chinoises riches en liquidités qui essaient de devenir des acteurs d'ampleur mondiale du marché automobile». D’ailleurs le partenaire de Koenigsegg, BAIC, ce dernier affirme regarder la situation de près. L'internationalisation de BAIC a toujours été une stratégie importante. Acheter un constructeur européen relativement bon marché comme Saab pourrait leur offrir une entrée dans des marches clés et la technologie nécessaire pour être compétitifs au niveau mondial. Toutefois, les investisseurs chinois sont intéressés par des marques de voitures étrangères et des brevets, mais beaucoup moins par la gestion d'activités de production déficitaires implantées en dehors de son marché local en Chine. À ce titre, une acquisition de la totalité de Saab serait écartée, alors qu'une prise de possession de certains actifs bien définis est plus probable. Est-ce que GM pourrait conserver Saab comme elle veut le faire avec Opel. La réponse unanime est non. L’énorme déficit associé à la structure de coûts élevée en Suède constitue des obstacles insurmontables pour GM. @R2 :Donc en deux mots, je crois que l’on vient d’assister à la mort d’un autre constructeur automobile.

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