Suzuki Kizashi

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Benoit Charette
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Changer de rôle

Benoit Charette

Peu de gens se souviennent qui a terminé au 6e rang d’une finale olympique. Je sais, c’est cruel, mais c’est ainsi. Suzuki en Amérique du Nord est cantonné au rôle de figurant depuis des années. Pourtant, au Japon, c’est Suzuki, depuis cinq ans, qui vend le véhicule le plus vendu avec le concept R. Avec la nouvelle Kizashi, destiné d’abord au marché américain, Suzuki veut se faire une petite place au soleil.

Moins audacieuse que le concept

Le concept Kizashi 2 présenté à l’automne 2007 laissait entrevoir une berline des plus excentriques et audacieuse dans un format plus que généreux. Le résultat final est loin d’être aussi convaincant. Considérer par Suzuki comme une berline intermédiaire, la Kizashi, est plus courte que ses concurrents comme la Toyota Camry, la Nissan Altima ou la Honda Accord. La calandre revêt le sourire caractéristique des produits Suzuki. Et contrairement à la Swift ou l’ancienne Verona, qui n’étaient rien de plus que des Deawoo maquillés, cette Kizashi est 100% Suzuki. L’arrière est de loin la partie de la voiture la plus réussie avec quelques courbes audacieuses et une ligne d’échappement aux allures sportives. Bien proportionnée et sympathique résume assez bien l’approche stylistique de la voiture. Suzuki justifie ce format plus petit par des visées mondiales de cette voiture qui sera, à terme, vendue en Europe et en Asie. Suzuki n’ayant pas les capacités financières de ses concurrents, ne peut développer un modèle spécifique pour l’Amérique du Nord, cette Kizashi devra convenir à tout le monde, d’où son format plus modeste.

Une mécanique connue

Lors de la présentation de presse, très brève, les dirigeants nous soulignent les prétentions sportives de la voiture. D’un strict point de vue mécanique, nous sommes loin du compte. Le 4 cylindres issu du Grand Vitara n’est pas vilain. La puissance de ce 2,4 litres a été portée à 185 chevaux. Notre voiture d’essai était équipée de l’unique transmission à variation continue (CVT) avec palettes de sélection au volant. Le moteur donne ce qu’il faut de tonus, mais de la à parler de performances sportives, non. Suzuki pour le moment n’a pas l’intention d’offrir de mécanique six cylindres. Logiquement, il faudrait le considérer, car tous les modèles concurrents (Accord, Camry, Altima, Sonata) l’offrent et Suzuki se met ainsi à dos une grande partie de la clientèle potentielle.

Un superbe intérieur

C’est l’habitacle qui constitue la plus belle surprise pour la Kizashi. Uniquement disponible en finition cuir, Suzuki n’a pas lésiné sur le contenu. Pas moins de huit coussins gonflables de série et 10 ajustements électriques pour le siège conducteur en plus d'un volant inclinable et d'une colonne télescopique. Il est facile de trouver une position confortable. Si l’intérieur est plus petit que la concurrence immédiate, la Kizashi offre tout de même amplement de place pour deux passagers à l’arrière. La présentation du tableau de bord est simple, lisible et la disposition des commandes est intuitive. Suzuki insiste beaucoup sur la qualité de finition de sa Kizashi et, à l'œil, l'effet d'ensemble confirme ses prétentions. On sent à ce chapitre que la compagnie a travaillé fort pour être compétitive sur un futur marché Européen où les petites berlines de luxe offre une finition qui n’a rien à envier aux plus grandes berlines allemandes.

Solide sur la route

Si la puissance du moteur n’impressionne guère, son aplomb sur la route force le respect. Cette petite Suzuki s’accroche fort au bitume et ce n’est pas seulement grâce à ses pneus Dunlop Sport de 18 pouces. L’aéroport de Niagara-on-the-Lake a servi de décor pour pousser un peu la mécanique et les amorces vives en virage nous ont agréablement surprises. La voiture demeure neutre et le système antidérapage remarquablement tolérant invite à une conduite enthousiaste. Nos modèles d’essai étaient en plus équiper d’un rouage intégral (issu du Grand Vitara) qui peut transférer jusqu'à 50 pour cent du couple moteur aux roues arrière, et il le fait de manière proactive, anticipant l'imminence du patinage et redistribuant la puissance pour éviter le patinage avant qu'il débute. De plus, la voiture est remarquablement silencieuse. À 120 km/h sur l’autoroute, c’est le calme plat à bord.

Conclusion

Suzuki nous parle de l’arrivé de la Kizashi quelque part au début de l’année 2010. Le prix officiel n’a pas été annoncé, mais Suzuki Canada a promis un modèle de base bien équipé sous la barre des 30 000$. Il y a peu de chance que Suzuki bouscule l’ordre établi dans le monde des berlines intermédiaires. Toutefois, il faut admettre que la compagnie a fait du bon boulot. Il manque un V6, du prestige et de la reconnaissance à cette compagnie pour se faire une réelle place au soleil.

Forces

Dessin général Consommation Bonne qualité d’exécution Tenue de route

Faiblesses

Puissance un peu juste Pas de V6 de disponible Pas de version de base

Fiche technique

Moteurs

L4 2.4 l DACT 180 ch à 6500 tr/min Couple 170 lb-pi à 4000 tr/min Transmission CVT 0-100 km/h 9.2 sec Vitesse maximale 180 km/h Consommation (100 km) 7,6 l : 4RM : 8,0 l (octane 87)

Autres composantes

Sécurité active freins ABS, répartition électronique de force de freinage, antipatinage, contrôle de stabilité électronique Suspension avant/arrière indépendante Freins avant/arrière disques Direction à crémaillère, assistée Pneus P235/45R18

> Dimensions

Empattement 2700 mm Longueur 4560 mm Largeur 1820 mm Hauteur 1480 mm Poids 1470 kg Diamètre de braquage 11,0 m Coffre 378 l Réservoir de carburant 63 l

Prix : 30 000$ (estimé)Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2010. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.
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