Le voilier, nommé le El Solaz, est stationné tout juste à l'avant de la résidence de Claude Paillé au lac Saint-Pierre. En août prochain, il suivra donc la rivière, jusqu'au lac Saint-Pierre, pour ensuite prendre le fleuve et remonter jusqu'à Sorel. De là, il naviguera sur le Richelieu puis sur le lac Champlain pour descendre la rivière Hudson jusqu'à New York. Ensuite, c'est le large. «On voulait aller passer l'hiver dans les Antilles et commencer par visiter les Bahamas. En ligne directe, ça prend environ un mois, mais pour nous, cela nous prendra trois mois, car nous voulons visiter la côte Est tout en nous rendant à bon port», mentionne Claude Paillé.
Cela aura pris au jeune retraité d'Hydro Québec soit un total de 4 500 heures à fabriquer son propre voilier. Il faut cependant dire que ce passionné de la voile en est à sa deuxième construction. «Dans les années 80, j'avais construit un premier voilier. J'avais à ce moment pris le large avec mon fils et nous nous étions rendus également dans les Antilles. Cette fois-ci, nous avons acheté le plan du bateau qui provient d'une compagnie australienne, Bruce Roberts, qui fabrique des bateaux de mer. On a choisi la grandeur et le modèle qu'on voulait en plus de prendre de l'information sur les types de matériaux à utiliser. Il a également fallu faire beaucoup de recherches et finalement, après cinq années de travail, on y est arrivé. On part avec une idée, mais il faut faire de la recherche pour s'assurer que l'idée est viable. Il aura fallu par la suite prendre deux ans de pratique et de cours de soudure. C'est important de tout savoir et de tout avoir en main avant de s'embarquer dans un projet, à savoir s'il est réalisable. On peut à ce moment tester nos capacités», témoigne-t-il.
Mentionnons qu'une embarcation du type de celle de M. Paillé vaut sur le marché 350 000 $. Ce dernier assure cependant que le coût de son projet est moindre. «Il y a juste des compagnies françaises qui en fabriquent comme le mien. En plus, j'ai sauvé 4 500 heures d'ouvrage à 50 $ de l'heure, alors déjà là, j'ai économisé.»
Élargir ses horizonsClaude Paillé se souvient que son père fabriquait des chaloupes à l'époque où il était enfant. La passion s'est donc transmise très tôt, de père en fils. «Mon père fabriquait des chaloupes, nous avons toujours vécu près de l'eau alors, j'ai eu la passion, je n'avais pas bien le choix», s'exclame avec rire M. Paillé. «Je me souviens qu'on naviguait avec des chaloupes quand on était jeune, alors j'ai continué à élargir mes horizons.»
En effet, participer à une telle aventure, prendre le large pendant presque un an, ça permet d'élargir les horizons. Le voilier de M. Paillé peut habiter environ cinq personnes. On peut y retrouver deux chambres fermées, une cuisinette, salle de bain, en fait tout ce qu'il faut pour y vivre plusieurs mois.
Le couple voguera alors à bord du El Solaz, ce qui signifie la retraite, le bien être et la fin du travail accompli. «Nous voulons vraiment en profiter. Voyager en voilier, c'est comme voyager en véhicule récréatif. On se stationne, on débarque et on repart quand ça nous le dit. C'est comme une sorte de camping mobile. Nous naviguerons dans les Bahamas tout l'hiver et nous reviendrons à Louiseville en mai prochain.
